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Bydand !

70 ans après, à Hem, les Gordon Highlanders retrouvent leur tambour

 



Il n’y aurait pas eu de moment plus approprié pour cette restitution que durant cette semaine de mémoire importante à Hem durant laquelle ont été organisés entre autres le 11 novembre mais aussi le déménagement de la Stèle, une cérémonie en souvenir et une exposition sur la vie du Général de Gaulle. Semaine à laquelle nos « jumeaux » anglais participaient comme ils le font traditionnellement pour le 11 novembre.

 

Evidemment, cette cérémonie de restitution aux Gordon Highlanders de leur tambour abandonné pendant la première guerre mondiale sur un chemin entre Hem et Leers, a été un grand moment d’émotion. Une émotion d’autant plus forte que l’histoire de cet instrument est aussi belle qu’extraordinaire.

Et pour cause, au début du 20e siècle, un tambour était un membre à part entière du régiment auquel il appartenait, c’était un élément important, il comptait autant qu’un homme. Quelque mois  avant d’être abandonné, l’instrument en question aurait encore permis à son propriétaire, membre de la fanfare du 4e bataillon du régiment des Gordon Highlanders, d’animer un peu l’hiver froid de 39/40 que passaient alors les Ecossais  dans le secteur de Roubaix. Mais de la « drôle de guerre » qui se déroulait en 39, on est passé à la « vraie » guerre début 40. Les événements se sont rapidement succédé. A un tel point, qu’en mai, les Anglais a dû battre en retraite vers la côte et Dunkerque notamment où était organisée l’évacuation des alliés en pleine déroute. Sous l’attaque des obus et des bombes, devant relier Dunkerque au plus vite, les soldats ont eu pour consigne d’abandonner tout ce qui pouvait les empêcher d’avancer. Véhicules, équipements et parmi tous autres objets, le tambour, aussi douloureux que cela puisse être.  Le 4e bataillon des Gordon Highlanders a-t-il réussi à rejoindre Dunkerque, à embarquer, à rentrer chez lui à Aberdeen ? On l’espère.

Le tambour quant à lui restera caché dans un champ... C’est là qu’il sera retrouvé quelques jours plus tard par Séraphin Boulet, brigadier de police à Roubaix rentrant chez lui à Leers. Un beau cadeau en perspective pour son petit-fils Jean-Pierre fêtant bientôt ses 4 ans. Mais inquiète que les Allemands retrouvent chez elle un tambour anglais, la maman du petit Jean-Pierre décide de cacher l’instrument au grenier. Il y restera  55 ans.

La vie faisant, l’instrument se retrouvera  il y a quelques années entre les mains de Pascale Osson, la sœur du petit Jean-Pierre. Le hasard, faisant lui, Mme Osson membre du jumelage entre Hem et Mossley en Angleterre, pourra par l’intermédiaire des uns et des autres émus et fascinés par l’histoire de ce tambour, entrer en contact avec des membres d’Aberdeen, village des Gordon Highlanders, auxquels elle décidera  de restituer l’instrument.

Un acte fort, symbolique, extrêmement honorifique puisqu’après 70 ans d’absence, le tambour retourne aujourd’hui enfin chez lui. Il sera dorénavant conservé et visible par tous  au Gordon Highlanders Museum  ouvert  à Aberdeen quelque temps après 1994 et la fin des Gordon Highlanders comme régiment britannique afin à perpétuer la mémoire des soldats.

Et oui, bydand ! Telle était leur devise.

 

 

Bydand : vieux mot écossais signifiant « qui dure toujours ! », devise des Gordon Highlanders.

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