Depuis vendredi soir, Marie-Paule Tassous est
chevalier de la légion d’honneur
Marie-Paule Tassous, la présidente du centre social des Hauts-Champs vient d’être promue chevalier de la légion d’honneur. Évidemment, ce n’est pas elle qui en a fait la demande. Aussi humble que discrète, jamais elle n’aurait osé. Jamais, non plus, elle n’aurait imaginé pouvoir y prétendre.
Si durant toute sa vie elle s’est engagée, c’est parce qu’elle en avait envie. Alors, lui donner la légion d’honneur pour cela, «c’est énorme, beaucoup trop», estime-t-elle. Le maire de Hem, Francis Vercamer, en revanche, a estimé lui, qu’elle méritait cette distinction.
Pour Marie-Paule Tassous, l’engagement c’est sa vie, sa façon d’être. Profondément humaine, altruiste, elle donne aux autres et est au service des autres depuis toujours. Cela aussi bien au niveau personnel que professionnel et associatif.
Maman de deux filles, elle a accueilli très vite au sein de sa famille deux garçons qu’elle considère à présent comme ses propres enfants. Elle s’est également beaucoup occupée de deux de ses neveux et nièces.
Côté professionnel, alors qu’elle aurait aimé faire des études et devenir assistante sociale, elle a dû opter pour une scolarité très courte. Picurière de formation, dès l’âge de 14 ans, elle a dû travailler. À l’ADAR, dans un gîte de Roubaix, un foyer à Wattrelos, le social l’a toujours intéressée et attirée, elle l’a côtoyé de près.
Très investie, en plus de son travail et de sa famille, Marie-Paule militera activement pour diverses associations. La CFDT, l’APE (aujourd’hui CLCV), l’APAF (association populaire des aides familiales), l’association de son quartier des Trois Fermes, seront autant d’expériences enrichissantes et formatrices. Des occasions d’ouverture sur les autres, de rencontres, d’échanges.Passionnant !
En 1994, on lui demandera de s’engager dans le centre social des Hauts-Champs. « J’étais en fin de carrière, j’allais avoir plus de temps mais je ne savais pas si j’en étais capable », se souvient-elle. Et pourtant elle a contribué activement à faire du centre ce qu’il est aujourd’hui. « Cela n’a pas toujours été facile, le centre a rencontré à plusieurs reprises des difficultés », se souvient-elle. Il a fallu établir un diagnostic, aller chercher de nouveaux financements, recruter, créer une nouvelle dynamique. Travailler sur l’humain n’est pas toujours évident. « Il y a eu beaucoup de bas, j’ai passé de nombreuses nuits blanches », reconnait-elle. Chaque année, au moment de l’assemblée générale, elle a même émis l’envie d’arrêter. Mais aujourd’hui, elle est toujours là. Avec les mêmes sourire, bonne humeur, dynamisme, envie. « Si l’on nous fait confiance, on se doit de faire en sorte que ca marche », assure-t-elle. « Je n’ai jamais fait que mon travail », souligne-t-elle certes fièrement mais toujours autant impressionnée que l’on veille lui décerner la légion d’honneur pour cela.


